mercredi 13 février 2008

Objection!!! Si votre ramage se rapporte à votre plumage...

Adrien s'approcha d'Obéron pour le gratifier d'une révérence ironique. « Je n'ai pas souvenir de vous avoir invité en ma demeure, mon roi.

— Je n'ai pas souvenir qu'il me fallait une invitation pour rentrer chez toi. Me prendrais-tu pour un vampire?

— Si ça m'permettait de n'pas t'voir débarquer chez moi sans passer par la porte, alors oui.

— Ce n'est pas comme si je débarquais alors que tu concluais avec une fille; étant donné qu'elles te fuient à cause de ton tic débile. M'est avis que tu as tellement peur de rater avec la gent féminine qu'inconsciemment tu enclenches la rêvoyance. Échappant ainsi à tes obligations.

— Pas ma faute si j'tombe toujours sur des filles plus expérimentées que moi.

— Chochotte.»

Cela faisait maintenant six années qu'Adrien était victime de ce qu'Obéron appelait la rêvoyance. Il était victime de crises de narcolepsie à chaque fois qu'il tentait de croquer le fruit défendu. Il se retrouvait alors à avoir des visions de ce qui semblait être le passé de sa partenaire. À son réveil, il trouvait généralement sa compagne du moment en pleine crise d'hystérie tentant d'appeler les secours. Et ce schéma se reproduisait à chaque fois, quelle que soit sa partenaire.

Le roi des fées posa son sac sur la table du salon puis s'adjugea une chaise.

« Je nous ai ramené deux kebabs. Je te laisse le mayo-samurai.

— Merci. J'vais m'habiller et chercher une boisson dans l'frigo.»

Adrien fit un tour dans sa chambre, y enfila un caleçon, son jean, un T-shirt, y prit son téléphone portable qu’il glissa dans l’une des poches de son jean, et gagna la cuisine pieds nus pour y prendre un soda au cola. Arrivé en cuisine, Adrien ouvrit le frigo, sortit son portable et appela Obéron. « Oui, fit une voix (celle d’Obéron) à l’autre bout de la ligne, que me veux-tu ?

— T’es où, là ? chuchota Adrien tout en prenant le cola.

— Chez moi, à honorer une ribaude. J’espère que tu as…

— Passe chez moi tout d’suite, le coupa Adrien, j’crois que j’ai un doppelganger à la maison. »

Adrien raccrocha. Il referma le frigo et trouva à quelques mètres de lui celui qu’il soupçonnait être un métamorphe. « Comment a-tu découvert que je n’étais pas ton ami ? Questionna “ Obéron ”.

— J’ai trempé mon biscuit et maîtrisé ma rêvoyance depuis une dizaine de jours, répondit Adrien. Et ça fait depuis autant de temps que j’ai changé pour la sauce blanche concernant mes kebabs. À ça, on rajoute le fait qu’Obéron m’avait raconté ne pas s’être souvenu d’une nuit qu’il avait passé avec une fille bizarre, il y a deux ou trois semaines…

— Je vois, se contenta de dire l’être qui se faisait passer pour Obéron. J’aurais dû venir te voir plus tôt, mais on ne m’en a pas donné l’ordre. J’aurais dû aussi éviter de faire la personne qui en sait un rayon sur toi. »

L’être en face de lui sortit un couteau suisse. Adrien voulu tenter quelque chose, mais un événement inattendu le paralysa de stupeur. En effet, le doppelganger s'entailla la paume gauche, puis se caressa avec ; laissant une peinture de sang sur son front. Il murmura alors « Que la réalité brûle cette illusion. »

Et, subitement, le faux Obéron s’enflamma. De petites flammèches jaillirent de son front ensanglanté et ne tardèrent guère à l'entourer entièrement. En dépit du corps en ignition, aucun cri ne sortait de la bouche du métamorphe. C'était comme si il n'était pas affecté par ces flammes là. Et il en était de même pour le sol de la pièce où ils se trouvaient : les flammes dégageaient de la chaleur, mais elles ne brûlaient rien.

En fait, la seule personne affectée par les événements était Adrien. Ce n’est pas un doppelganger, pensa l’enseignant. Trempé de sueur fut son visage, et trempé fut son jean, des suites d’une vessie trop émotive. Je suis dans la merde.

Les flammes disparurent peu à peu, laissant place à un être métamorphosé. L’homme en costume devint une grande beauté d'une vingtaine d'années, vêtue de pourpre; d’une longue robe flottante de soie vaporeuse. Une femme svelte et élégante, fine de taille et ronde de sein. Un visage en cœur, des lèvres charnues et des yeux d’un rouge écarlate remplaçaient son ancien visage de jeune homme. D'épais et onduleux cheveux, d’un roux des plus ardents, lui poussèrent; très longs, tombant jusqu'en dessous de la chute des reins.

« Je ne te donnerai pas mon nom, dit la femme, mais tu peux m’appeler Phénix. » Elle s’approcha d’Adrien toujours paralysé par, il ne savait plus trop, la peur ou un envoûtement. Elle lui effleura la joue droite. « J’ai quelques questions pour toi. » Phénix tourna la tête d’Adrien pour lui montrer le velux de la cuisine. S’y trouvait un pigeon qui observait la scène depuis tout à l’heure. « Mais avant d’y répondre, je vais m’occuper d’un vilain voyeur. »

Lorsque l’oiseau vit qu’il était repéré, il tenta de s’envoler. Au lieu de cela, il s’embrasa. Tout enveloppé de flammes, le malheureux pigeon battait des ailes. Il fouettait sauvagement les airs, aussi flamboyant qu’un oiseau de feu, comme pour fuir à tire-d’aile la douleur.

Mais il n’était pas un phénix pour survivre à pareil supplice.

À suivre...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bon déjà, commençant par ce qui fâche: l'orthographe/grammaire:

- Quelque soit sa partenaire: faute récurrente, mais c'est bien "quelle que soit sa partenaire" qu'il faut écrire. Pour la raison, je te laisse googliser ;)

- "J'aurais du": j'aurais dû, participe passé du verbe devoir.

- « Je ne te donnerais pas mon nom, dit la femme, mais tu peux m’appeler Phénix. »: donnerai. Le meilleur moyen pour être sûr que c'est du futur, c'est de mettre à la deuxième personne du singulier ("tu ne me donneras pas ton nom", et non "tu ne me donnerais pas ton nom").

- "Il referma le frigo et trouva à quelques mètres de lui celui qu’Adrien soupçonnait d’être un métamorphe." : la reprise par le prénom dans la subordonnée me parait un peu bancale: ça donne un peu l'impression que le Il et Adrien ne sont pas la même personne. Et je trouve que soupçonne être sonne mieux que soupçonne d'être ^^.

Après, il y a quelques soucis de mise en forme du discours direct, mais bon rien de bien méchant et après tout, c'est que de la syntaxe.

Pour le récit qui, à ton goût, avançait trop vite/partait en sucette, franchement je n'ai pas cette impression. Tu as bien amené ta situation (une fois que l'on comprend que chacune de tes publications correspond en fait à des parties qui seraient séparées par des astérisques dans un livre par exemple), et ton chapitre finit par une bonne accroche.

Mais si j'ai bien suivi, ton objectif est de boucler cette petite histoire, sans tenant et sans aboutissant ? Ou bien je me gourre et cela s'inscrit dans un récit plus global ?

Sinon, vivement la suite ^^.

seima, béta-lecteur :p

Navym a dit…

Ok je prends note des fautes d'ortho/gram^^(merci professeur*_*) Je dois avouer que j'étais tellement perturbé par la sensation d'avoir un peu trop "freestylisé" mon récit que j'ai pas spécialement fait attention aux syntaxes et tout. Mais même en faisant attention, j'aurais zappé le "quelle que soit" que j'aurais probablement laissé(je suis pourtant sûr qu'on nous a appris que c'est "quelle que" ou "quel que" et pas "quelque" avec "soit", mais bon on se détache difficilement de nos vieilles habitudes). Donc je corrige de suite^^

Pour le récit qui, à ton goût, avançait trop vite/partait en sucette, franchement je n'ai pas cette impression. <— C’est que je dois être un peu trop pointilleux avec moi-même, alors. En fait la situation initiale et la situation finale de ce billet sont "bonnes" dans ma tête, mais tout ce qui se passe entre le début et la fin du billet me donnent une drôle d’impression. Peut être parce que j’ai l’impression que j’aurais dû étaler ce qui s’y passe. Mais rallonger les péripéties ne vont pas avec ma “ligne de conduite” que j'ai décidé pour cette nouvelle (à savoir, pas trop longue). J’expliquerais ci-après.

Tu as bien amené ta situation (une fois que l'on comprend que chacune de tes publications correspond en fait à des parties qui seraient séparées par des astérisques dans un livre par exemple), et ton chapitre finit par une bonne accroche. <— yeap, tu as parfaitement cerné le truc. Et je cherche toujours à trouver l'accroche qui donne envie de lire la suite.

Mais si j'ai bien suivi, ton objectif est de boucler cette petite histoire, sans tenant et sans aboutissant ? Ou bien je me gourre et cela s'inscrit dans un récit plus global ? <— yeap tu te gourres :p Je compte bel et bien avoir une vraie fin à cette histoire. Mais une fin qui puisse laisser quand même une possibilité d’ouverture vers autre chose. Bref, une belle chute, avec une fin ouverte sans vraiment trop l'être (j’me comprends @_@) sinon le lecteur serait déçu car s’attendrait à avoir une suite.

En fait j’aimerais bien que l’histoire se finisse de manière à ce que cela puisse, pourquoi pas, être intégré à une plus grosse histoire (soit en guise de prologue, ou même comme digression dans un chapitre introduisant certains personnages clé) un de ces jours.

Enfin, pour te rassurer, je pense en être à la moitié de l’histoire. Donc il devrait y avoir encore quelques billets (3, je pense) à venir…