En parlant d’imagination et de concevoir des choses (cf billet précédant sur Marco Polo), ça m’rappel une autre histoire auquel je tiens^^
Une histoire où mythomanie et solipsisme se mêlent ;) Pour le solipsisme j’vous renvoie aux articles sur wikipedia (doit y’avoir même un sujet dédié dans les fiches science fiction d’auteurs comme Greg Egan –un auteur de hard science fiction, des histoires basées sur un noyau de théories scientifiques solides ; super intéressant, mais un brin galère quand même :p –).
Bref, pourquoi le titre est Shin Angyo Onshi ? Parce que la base est la même que ce qui s’passe pour l’un des persos : à cause d’évènements que je n’ai pas encore décidés, un gosse se retrouve emprisonné dans sa chambre pour des années (comme la gouverneur dont j’ai oublié le nom dans le nouvel angyo onshi, ou encore un peu comme Charlotte dans Berserk). Elle est assignée à résidence dans son seul appartement. Les seuls humains qu’elle voit sont des esclaves qui lui apportent à manger, à boire, parfois des livres à lire, ils la baignent, etc.
Le hic c’est que ces esclaves sont tous muets (langue coupée) donc le perso est coincé dans une espèce de bulle de silence. Ce qui au bout d’un moment risque de le/ la rendre fou/folle, voire de lui donner des pulsions suicidaires.
Elle survit (bon, on va admettre que c’est une fille, mais encore ici j’suis pas encore sûr) d’une seule manière : elle s’invente un monde (un peu comme les enfants s’inventent parfois des amis imaginaires et se créent des histoires avec des poupées, des lego, toussatoussa).
Plus les années passent, plus ce qu’elle s’imagine devient solide. Pas dans le monde réel, mais dans son cerveau. Elle est persuadée ainsi de vivre en plein air et de vivre des tonnes d’aventures en tout genre.
Et c’est là que c’est dangereux. Par je ne sais quel miracle, elle se persuade tellement de son monde qu’elle en vient à renier la réalité. En gros elle fout un immense DENIAL, comme diraient les anglais, à la gueule du monde. Elle réfute la réalité, accepte comme seule vérité son imagination.
Bon, dis comme ça on s’en fout un peu : la fille est devenue dingue ; laissons là dans son monde et elle nous fera pas chier.
Sauf qu’elle s’est mis en tête d’imposer sa vision de la réalité au reste du monde. Ceci va d’ailleurs se passer en deux étapes :
1ère étape
Je n’ai pas encore décidé comment, mais son refus de la réalité est tel qu’elle arrive à rendre physiquement réel, du moins à ses seuls yeux, ce qu’elle imagine.
Par exemple, si elle imagine qu’un escalier est devant elle, bah elle le montera. Mais, vous allez me dire, elle va se vautrer vu qu’il y a du vide !!! Eh bah non. Elle va littéralement GRAVIR l’escalier qui n’existe pas. Les gens qui la regarderaient verraient une fille qui marche dans le vide. Mais elle, non ; elle verrait clairement un escalier à monter. La dangerosité de cette notion de solipsisme est le fait qu’il ne faut avoir aucune hésitation quand à ce qu’on imagine. Parce que si en court d’escalade elle se rend compte ou admet que l’escalier n’existe pas, bah ça va nous la faire comme dans les vieux Tex Avery ou Looney Tunes : elle va se retrouver au milieux du vide, tapotant partout autour d’elle pour voir si y’a un endroit où prendre prise, avant de chuter et s’péter la gueule :p
Donc ça c’est la première étape.
2ème étape
La plus dangereuse aux yeux de l’humanité.
Car cette fois ci, elle aura acquis suffisamment d’expérience pour imposer sa réalité aux autres. Toujours avec l’exemple de l’escalier, et bien cette fois-ci elle arrivera à persuader les gens autour d’elle que cet escalier existe et ils arriveront réellement à y monter. De la démence, je vous dis \o/
Mais ce n’est pas tout. Car pour le moment elle se contentait seulement d’imposer sa réalité à elle. Maintenant elle tente aussi de faire renier la réalité des autres. Un arbre devant ? « Il n’existe pas » et pschiiiiit pouf badabam l’arbre disparait comme si il n’avait jamais existé. Un niveau ultime de ce pouvoir pourrait être carrément la suppression d’humain. Un humain en face d’elle la ferait chier qu’elle serait capable de le persuader qu’il n’existe pas, qu’il n’est qu’une illusion, un fantôme créé à partir des fantasmes et des souvenirs d’autres personnes, etc. (j’crois avoir déjà entendu une histoire pareille dans un jeu vidéo, p’têt le RPG Planescape : Torment).
Ce pouvoir est donc super cheaté. Et c’est là qu’entre en scène la religion : aux yeux de certains cette enfant sera vue comme l’avatar/l’incarnation d’un dieu créateur (capable donc de créer tout un monde, voir même de créer tout un panthéon de dieux à son service, et pourquoi pas même créer une nouvelle race douée d’intelligence et de conscience; bref, un overgod/dieu des dieux, quoi ^^ – à la Zeus dans la mythologie grecque, Ao dans les Royaumes Oubliés, etc.–). Aux yeux d’autres elle sera vue comme un blasphème, comme une abomination de la nature (enfant ou pas, elle est dangereuse, etc.), une fausse déesse qui doit être tuée avant qu’elle ne pète un capable et décide d’altérer la totalité de la réalité pour en faire un monde à son image.
J’aime beaucoup ce concept de faire se confronter différents idéaux, différentes morales et aussi le fait de voir s’effondrer toutes les conceptions de réel et d’imaginaires (sommes nous réels, blablabla, on s’croirait presque dans Star Ocean 3 Till the End of Time :p)
2 commentaires:
Pour le coup, le côté "je suis la "matrice" qui gère le monde" me fait un peu penser à la Déesse (Haruhi).
Et le côté sommes nous réels, il y a aussi une part de ça dans FF X ;)
MDR, sérieux j'avais même pas du tout pensé à ces deux exemples. C'est ça l'problème des idées : aussi originales soient-elles en apparence, on se rends compte en cherchant bien qu'elles ont été utilisées un nombre incalculable de fois @_@
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